La démocratie n'est pas une idole sacrée lorsqu'elle est réduite à une coquille vide utilisée pour légitimer le pillage organisé. La vraie question au Liban aujourd'hui n'est pas de savoir si nous voulons la démocratie ou la dictature, mais si nous voulons un État ou une plantation. Ce que les citoyens libanais ont vécu pendant des décennies n'a jamais été une vraie démocratie ; c'était un système oligarchique corrompu se cachant derrière des urnes qui reproduisent les mêmes dirigeants, les mêmes mafias et les mêmes crimes à chaque fois au nom de la soi-disant « volonté du peuple ».
Les élections au Liban ne servaient pas la responsabilité ; elles servaient le recyclage. Les dirigeants sectaires ont pillé l'État tout en se présentant comme des protecteurs communautaires, et les électeurs étaient pris en otage entre la peur, le clientélisme et la dépendance économique. Le résultat n'était pas la représentation, mais la soumission. Ce n'était pas la démocratie qui échouait, c'était la démocratie qui n'a jamais été autorisée à exister.
Plus dangereux encore, cette dévastation n'aurait pas été possible sans la présence d'une arme illégale qui a fourni une protection réelle et efficace à la corruption. Les armes du Hezbollah n'ont pas protégé le Liban. Elles ont protégé le système politique corrompu, paralysé l'État, brisé la confiance dans l'économie et anéanti tout espoir d'investissement, de réforme ou de sauvetage. Aucune économie ne peut survivre sous un mini-État armé. Aucun système judiciaire ne peut fonctionner sous la menace. Aucune souveraineté n'existe lorsqu'un parti impose ses décisions au-dessus de l'autorité de l'État et lie le destin d'un pays entier à des axes régionaux étrangers.
Cette arme n'était pas un spectateur de l'effondrement ; elle en était un partenaire actif. Elle a fourni une couverture politique et sécuritaire à ceux qui ont pillé les fonds publics, bloqué toute tentative sérieuse de responsabilisation, intimidé les juges et transformé le Liban en un État isolé et ostracisé. La corruption n'a pas simplement coexisté avec l'arme ; elle a prospéré grâce à elle.
Prétendre que la démocratie a apporté la ruine au Liban est une distorsion de la réalité. Ce qui a été imposé n'était pas la démocratie, mais une dictature déguisée distribuée le long de lignes sectaires, où les dirigeants traditionnels ont fusionné avec des armes illégales dans un pacte mutuellement bénéfique. Les dirigeants ont volé au nom de la secte, tandis qu'un parti armé imposait un équilibre de terreur qui garantissait leur survie. Ce n'était pas de la gouvernance ; c'était un accord sordide scellé aux dépens d'une nation entière.

