Dans une prise de position rare et louable, le ministre libanais des Affaires étrangères rompt avec la logique de la soumission chronique et refuse l’invitation du ministre iranien des Affaires étrangères à tenir des pourparlers à Téhéran, insistant plutôt pour que tout entretien ait lieu dans un pays neutre. Cette décision — aussi évidente qu’elle puisse paraître dans n’importe quel État normal — constitue au Liban un acte de souveraineté exceptionnel après des années de prosternation politique devant un régime qui traite le Liban comme une annexe sécuritaire plutôt que comme un État indépendant.
Assez de soumission à l’Iran. Assez de reddition de la décision nationale à un régime théocratique radical qui n’a pas seulement interféré dans nos affaires, mais a effectivement confisqué notre souveraineté en armant un parti terroriste en dehors du cadre de la légitimité et en l’imposant comme un fait accompli au-dessus de l’État, de l’armée et de la constitution.
L’Iran des mollahs n’a jamais traité le Liban comme un État souverain, mais comme une arène.
Une arène de roquettes, une arène de messages, une arène où les négociations sont menées avec le sang libanais. Son intervention n'était pas seulement politique ; elle était structurelle, profonde et organisée : armer la milice du Hezbollah, la financer, l'entraîner et envelopper son projet militaire dans un endoctrinement religieux basé sur le lavage de cerveau des jeunes — à travers des institutions telles que les écoles al-Mahdi — en implantant une culture de mort et de martyre futile, et en méprisant le concept même de l'État au profit du « Guide suprême ».
Tout État respectable aurait traduit l'Iran devant les instances internationales il y a des années : • pour avoir armé un groupe armé hors de la légitimité (Hezbollah) ; • pour son ingérence directe dans la prise de décision sécuritaire et politique. • pour avoir transformé le Liban en une plateforme de conflit régional. • et pour sa violation flagrante du principe de souveraineté des États et de non-ingérence dans les affaires intérieures.
Mais au Liban, le crime a été accueilli par le silence ; il a été justifié, sanctifié et rebaptisé « résistance », alors qu'en vérité il s'agit d'un projet d'hégémonie iranienne à part entière.
Le moment est venu d'expulser l'ambassadeur d'Iran du Liban — non pas comme une étape impulsive, mais comme un acte de souveraineté évident. L'ambassadeur d'un État qui s'ingère dans la formation des gouvernements, obstrue la présidence, oriente les politiques de défense et contrôle la guerre et la paix n'a pas sa place dans une capitale qui prétend être la capitale d'un État indépendant.

