Depuis des décennies, la politique américaine envers le Liban suit le même cycle voué à l'échec : des visites polies, des réunions chaleureuses, des programmes d'aide généreux et de longues déclarations sur la réforme, la souveraineté et la transparence.
En retour, Washington reçoit des promesses vides, des communiqués magnifiquement formulés et une classe politique libanaise qui sourit devant la caméra—avant de retourner à la même corruption, paralysie et soumission pilotée par le Hezbollah qui ont conduit le pays à l'effondrement.
Le Liban n'a pas besoin de plus de compliments américains ; il a besoin de conséquences américaines. Et pourtant, nous y revoilà.
La visite très médiatisée de ce mois-ci par une délégation américaine était une illustration presque parfaite de la raison pour laquelle ce cycle continue d'échouer. Le 9 novembre, un groupe dirigé par le conseiller adjoint du président, le Dr Sebastian Gorka, le sous-secrétaire John Hurley et une petite équipe sont arrivés à Beyrouth, rencontrant des officiels libanais et se présentant comme des agents d'une nouvelle ère de coopération.
Sur le papier, la délégation est venue pour "écouter", "s'engager" et "encourager le progrès". Ce sont des objectifs admirables, mais ils sont destinés à un État fonctionnel, ce que l'Amérique semble incapable de reconnaître ne décrit pas le Liban.
Pour quiconque connaît la dynamique du Liban, les messages de Gorka et Hurley lors de leur dernière visite au Liban sont d'une naïveté à couper le souffle.
Le président Joseph Aoun du Liban n'est rien d'autre qu'un idiot impuissant qui n'est respecté par personne et qui ne contrôle pas l'État libanais. Il ne commande pas les frontières. Il ne contrôle ni les armes, ni les ports, ni les décisions de sécurité, ni la posture stratégique. Il ne peut démobiliser un seul combattant du Hezbollah, ni bloquer un seul convoi du Hezbollah. Selon mon opinion personnelle, il ne devrait même pas être au pouvoir.
Le présenter comme un homme "positionné pour réaliser la paix au Moyen-Orient" est une fantaisie parce que le bureau qu'il occupe n'a aucun pouvoir réel dans un pays complètement capturé par le Hezbollah.
Si les États-Unis veulent des résultats, ils doivent investir dans ce qui fonctionne—pas dans ce qui flatte. Et ce qui fonctionne, c'est une pression intense suivie d'action, pas des éloges.
Ce cycle n'est pas de la diplomatie. C'est de la complaisance.
Le Liban aujourd'hui est en faillite, sans loi, capturé par le Hezbollah, incapable de contrôler ses frontières, incapable de contenir l'escalade, un exemple modèle d'incompétence et d'échec total de l'État. Pourtant, ses officiels parlent encore comme s'ils étaient des acteurs égaux qui peuvent dicter des conditions à Washington ou Tel Aviv. Cette arrogance n'est pas de la force—c'est une illusion rendue possible par des années de mollesse américaine.
Jusqu'à ce que les États-Unis cessent de flatter un système contrôlé par le Hezbollah, chaque voyage, chaque réunion, chaque poignée de main, confirmera simplement une chose : l'Amérique n'a toujours rien appris. Et le Liban continue de se moquer de nous.
Se conformer ou faire face à l'oblitération ou au changement de régime. C'est le seul message à transmettre et sur lequel il faut agir dès aujourd'hui. Assez de paroles, le temps de l'action est venu.

